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La Voix Des Canadiennes Atteintes D'un Cancer Du Sein

Éducation

blogue À nous la parole


L’avantage du tamoxifène : l’absence de menstruations

Dans notre rubrique mensuelle, la rédactrice en chef et auteure Adriana Ermter raconte son expérience du cancer du sein.

Par Adriana Ermter

La seule chose qui me manque avec le tamoxifène, c’est l’absence de menstruations.

J’ai cessé de prendre ma dose quotidienne de tamoxifène au bout d’un peu moins de deux ans. Mon traitement était censé durer cinq ans, mais les effets secondaires (sueurs nocturnes intenses et multiples, bouffées de chaleur toutes les heures qui me faisaient dégouliner, aucune mémoire à court terme, douleurs handicapantes aux articulations, sécheresse vaginale, etc.) m’étaient devenues intolérables. Quand même nerveuse à l’idée de l’arrêter, j’ai fait une liste des avantages et des inconvénients pour les trois ans de traitement qui restaient. Les inconvénients prenaient toute une colonne, tandis que les avantages se résumaient au sentiment d’apaisement lié à la réduction du risque de récidive éventuelle du cancer et à l’absence de menstruations.

En pause

J’ai montré ma liste à mon oncologue et il a admis que, dans mon cas, les effets secondaires semblaient bizarrement s’intensifier au lieu de diminuer, comme ils le devraient. Nous avons discuté des points « positifs » de mon cancer : cancer de stade I, l’opération avait permis d’enlever une bonne partie de la chair entourant la tumeur et la radiothérapie avait été un succès. Nous avons aussi parlé des points négatifs : la tumeur se trouvait sous mon aisselle et s’étendait à l’un de mes seins, et 95 % des cellules cancéreuses présentaient des récepteurs d’œstrogènes et de progestérone. Ensuite, nous avons parlé du fait que j’étais maintenant en périménopause et que c’est peut-être à cause de ça que je ressentais autant d’effets secondaires avec le tamoxifène. Au final, nous avons décidé de faire une pause de six mois dans le traitement afin de voir ce qu’il se passerait. J’ai donc arrêté de prendre du tamoxifène ce jour-là.

Les hormones arrivent!

Vingt-quatre heures plus tard, tous les effets secondaires du tamoxifène avaient été remplacés par un afflux d’hormones dans mon corps. Je me sentais comme une adolescente en pleine croissance. Il a fallu environ six semaines pour que mon système hormonal revienne à son état initial pré-tamoxifène. Quelle joie! Et puis, mes règles sont arrivées...

Ce fut un choc de les voir arriver après quasiment deux ans d’absence. Je n’étais pas préparée. Le premier jour, j’ai utilisé du papier toilette en guise de serviette, le temps de m’asseoir sur le sol de la salle de bain et de fouiller frénétiquement dans le meuble sous l’évier. Après avoir retiré sept tubes de mascara Rimmel et Maybelline, des cotons-tiges, quatre tubes de dentifrice, plusieurs pots de crème pour le visage, un fer à friser, des rouleaux en Velcro, trois bouteilles de savon liquide de chez Bath & Body Works (citron, lilas et menthe), deux poches Ziploc remplies de produits de toilette au format voyage, j’ai pu trouver une vielle boîte contenant une poignée de tampons et quelques serviettes hygiéniques. Ouf!

Ce fut toutefois un soulagement de courte durée. Mes règles étaient différentes et nécessitaient d’autres aménagements. J’ai toujours été réglée comme une horloge, en particulier quand je prenais la pilule. J’avais des règles légères à normales qui duraient principalement quatre jours. Je n’avais pas besoin de mettre de tampons les trois derniers jours; un protège-slip suffisait. Plus maintenant.

Un nouveau cycle

Maintenant, mes règles sont régulières, voire plus ou moins abondantes pendant les quatre premiers jours. Je dois toujours avoir des tampons sur moi. Quelques jours avant leur arrivée, je me sens ballonnée et constipée, j’ai constamment faim et j’ai les seins enflés et douloureux — peut-être parce que, grâce au poids pris avec le tamoxifène, je fais maintenant un bonnet C. J’ai des maux de tête et je suis de mauvaise humeur. C’est tout nouveau pour moi, et je n’aime pas ça. J’ai souvent entendu mes amies se plaindre de ces symptômes, alors que moi tout ce que je ressentais était une envie incontrôlable de nourriture salée-sucrée tous les trois mois que je pouvais facilement satisfaire avec un sachet de croustilles saveur cornichons à l’aneth, sel et vinaigre ou crème sure et oignon, et un bol de crème glacée à la pâte à biscuits. Mais là, c’était autre chose!

Les tampons Réguliers que j’utilisais d’habitude ne faisant plus l’affaire, j’ai dû essayer d’autres options. Les tampons Super plus étaient horribles et je n’en ai utilisé qu’une seule fois. Leur insertion et leur retrait me demandaient beaucoup d’efforts, et je ressentais constamment une gêne à cet endroit.

Ensuite, j’ai essayé les tampons Super. Mais je ne pouvais les supporter que le premier jour, car les jours suivants, cela me faisait mal quand je les insérais et que je les retirais. Alors j’ai essayé les tampons Compact. Ils étaient pratiques, car on peut les laisser dans sa poche ou dans sa sacoche. Mais eux, non plus, ne m’ont pas convaincue, puisque je me pinçais la peau à chaque insertion ou retrait. Enfin, au bout de cinq mois, je me suis décidée pour les tampons Sports et j’ai pu cesser d’arpenter les allées de mon Shoppers Drug Mart! Cela correspondait à la fin de la pause de mon traitement au tamoxifène et j’avais de nouveau rendez-vous avec mon oncologue pour décider du devenir de ma relation avec ce médicament.

Arrêt définitif

Je ne voulais pas reprendre le traitement.

J’étais consciente que cela pourrait mener à une récidive du cancer et si cela devait arriver, Dieu m’en garde, je savais que j’aurais du mal à me le pardonner. Mais à ce moment précis, j’avais besoin — et mon corps aussi — d’arrêter ce traitement. Je préfère avoir mes règles et me sentir moi-même plutôt que de vivre à moitié.

Je n’ai pas pour autant totalement accepté le fait d’avoir de nouveau mes règles, sans parler de tous les symptômes qui les accompagnent. Par exemple, en dépit des fringales prémenstruelles et de mes seins douloureux, je n’arrive toujours pas à savoir le moment exact où elles vont arriver! Si j’ai le malheur de partir de la maison sans réfléchir ou que je ne fais particulièrement attention aux signaux, je le paie cher. Et ne parlons même pas du fait que, chaque mois, je me sente comme une baleine échouée sur la plage pendant toute une semaine, sans compter le sucre que je consomme quand je suis affalée à regarder Netflix! Et pourtant, c’est toujours mieux que l’état dans lequel je suis lorsque je suis sous tamoxifène.

Cesser le tamoxifène a été — est — la bonne décision pour moi. Ça ne signifie pas que ce sera toujours le cas, mais en ce moment précis, je suis contente de ma décision. Car c’est bien de ça qu’il s’agit, d’un choix personnel soutenu par mon oncologue. J’ai choisi d’avoir les idées claires, de pouvoir dormir sans transpirer, d’avoir une nuit de sommeil ininterrompue, de pouvoir monter et descendre les escaliers en courant et bien d’autres choses. Ça n’a pas rendu ma vie parfaite ni occulté le fait que j’ai eu le cancer. Mais, malgré les menstruations, l’arrêt du tamoxifène me paraît comme une victoire, et c’est exactement ce dont j’ai besoin en ce moment.

Adriana Ermter est une auteure et rédactrice primée. Vous pouvez lire ses écrits dans Living Luxe, Figure Skater Fitness et IN Magazine, ainsi qu’en ligne sur les sites 29Secrets.com, RethinkBreastCancer.ca, Popsugar.com et AmongMen.com. L’ancienne chroniqueuse beauté du magazine FASHION et rédactrice en chef de Salon et Childview habite à Toronto avec ses deux chatons, Murphy et Olive. Vous pouvez la suivre sur Instagram (@AdrianaErmter).

Photo par Sora Shimazaki sur Pexels