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La Voix Des Personnes Atteintes D'un Cancer Du Sein

Éducation

blogue À nous la parole


Catégorie : Témoignages

Quand vous êtes-vous demandé comment vous alliez pour la dernière fois?

J’ai regardé le documentaire Harry & Meghan sur Netflix. Pourtant je ne suis pas une « afficionado » de la famille royale — sauf de la princesse Diana que j’ai toujours trouvé formidable. Je m’ennuyais et j’avais besoin d’une nouvelle émission à regarder, alors je me suis dit pourquoi pas? C’est un documentaire et puis je n’avais pas accès à l’émission que je voulais vraiment voir — la nouvelle télé-réalité des Kardashian, qui passe maintenant sur Disney+. Alors, j’ai cliqué sur lecture et au bout de cinq minutes, j’étais conquise.

J’ai choisi la mastectomie à fini plat, car je voulais avoir une seule et unique opération

Cette année, 28 000 femmes au Canada apprendront qu’elles ont un cancer du sein. Le 10 mars 2022, j’étais moi-même dans ce cas. Fait déconcertant, dans le mois qui a suivi, deux de mes proches amies apprenaient également qu’elles avaient un cancer du sein. Au total, 15 de mes amies se battent contre un cancer du sein ou en sont des survivantes, et ce n’est sûrement pas fini. Il semble s’agir là d’une épidémie silencieuse qui ne cesse de prendre des proportions de plus en plus importantes.

Avoir l’esprit des fêtes?

Tout d’abord, j’aimerais dire — du moins, écrire — que je ne suis pas une grincheuse. Cela dit, Noël n’est pas ma fête préférée. Je préfère l’Action de grâces, à cause de toute cette gratitude, des patates pilées et de la dinde. Et pourtant, après mon diagnostic, l’opération et les traitements, tout ce que je voulais pour les fêtes, c’était être avec ma famille, à Calgary. Je ne pensais pas pouvoir supporter le fait d’être célibataire et d’avoir à gérer les facteurs de stress liés au cancer toute seule, avec mon chat. Ce Noël a probablement été l’un des Noëls les moins stressants de ma vie. Peut-être était-ce parce que je n’ai eu aucune décision à prendre pendant toute une semaine, que j’ai été choyée par ma famille et que je n’ai eu à m’occuper d’aucun repas... je ne sais pas. Mais ça a marché et à mon retour à Toronto, malgré le brouillard cérébral et les effets secondaires du tamoxifène, je me sentais bien plus sereine.

L’humour en temps de crise 2 - extraits du livre Angel in the Marble

À la minute où l’on apprend que l’on a un cancer du sein, on commence à chercher une cure miracle. Pour moi, ça consistait à tout connaître sur la maladie et à revoir mon mode de vie dans son intégralité : exercice physique, pratique spirituelle, alimentation. En quelques jours, je connaissais les dernières avancées dans la recherche contre le cancer et j’avais découvert la dernière potion magique à la mode pour remédier au problème! C’est donc avec hargne et désir de vengeance (voire de canonisation) que je me consacrai, corps et âme, à cette cure miracle : le curcuma. J’en prenais quatre pilules par jour et buvais du lait d’or indien, du thé au citron et au curcuma, matin, midi et soir. Ma peau prit une couleur orange-Trump, les comptoirs de ma cuisine furent tâchés de jaune à jamais et je me sentais d’enfer! Je prenais des shots de vinaigre de cidre de pomme suivis de jus de grenade. J’engloutissais chanvre, graines de chia, lin et pollen d’abeille. Et puis un jour, ma fille, Sonja, apporta à la maison le Saint Graal : un robot-cuiseur Vitamix qui allait devenir mon chaudron magique, ce contenant sacré dans lequel je préparerais toutes mes concoctions en n’oubliant pas d’y ajouter moult chou frisé, gingembre, bleuets et eau de coco.

C’est un fait, je me sens bien quand je parais bien!

Quand j’étais petite, je m’arrêtais chaque fois que je passais devant un miroir pour me regarder. Et je me faisais réprimander. Beaucoup. Ma mère et mes tantes me disaient soit que ce n’était pas bien de faire ça, que c’était vaniteux ou d’arrêter — parfois les trois en même temps! Oui, je le faisais pour m’admirer la plupart du temps, mais après l’âge de 12 ans, quand j’étais au secondaire, je le faisais plus par insécurité. Je voulais m’assurer que je n’avais pas l’air bizarre, que mes cheveux coupés au carré étaient bien ramassés derrière mon oreille gauche ou que mon visage saturé de produits Ten O Six ne brillait pas comme une orange. Si je me regardais dans le miroir, c’était pour me rassurer sur mon apparence. Je voulais être sûre que j’étais plus ou moins correcte.

Je hais quand on me demande si j’ai fini mes traitements

En avril 2021, j’ai senti une grosseur dans l’un de mes seins. Une semaine plus tard, j’ai fait une biopsie d’échantillons de tissus de mon sein et de mon aisselle et, le 3 mai 2021, on m’a dit que j’avais un cancer du sein. Le 21 mai 2021, après une mastectomie totale, mon oncologue m’a appris que j’avais un cancer de stade IV « de novo ». Ça a été un choc d’apprendre que j’avais un cancer, c’est quelque chose qu’on souhaite ne jamais entendre.

Le soutien, c’est important. Comment apporter du soutien et du réconfort aux autres personnes atteintes d’un cancer du sein et à soi-même?

Pendant les traitements, lorsque je m’allongeais dans mon canapé ou dans mon lit pour récupérer, je trouvais du réconfort en me faisant la promesse qu’une fois les durs moments passés, je trouverais de la joie et un sens à ma vie. Ce que j’ai fait en recommençant à entraîner une équipe de natation synchronisée après une pause de près de 20 ans. Ça m’a beaucoup apporté. En plus de la joie que j’en retire, ça me permet de focaliser mon énergie et mon attention sur d’autres personnes que moi-même, de redonner à ma communauté et d’aider de jeunes athlètes en qui je crois réellement.

Nous n’apparaissons pas dans les statistiques

J’écris ce billet depuis mon lit d’hôpital. Encore un séjour de plus à l’hôpital à cause du cancer. L’hôpital est devenu ma deuxième maison. C’est un hôpital formidable, mais ce n’est pas pour autant que je veuille y passer tout mon temps. Ces séjours à répétition à l’hôpital sont pourtant inévitables lorsque l’on a un cancer du sein métastatique — un cancer de stade IV, c’est-à-dire un cancer du sein qui s’est propagé dans d’autres parties du corps.

Un cancer du sein à 36 ans

J’ai d’abord eu des tumeurs bénignes — des fibroadénomes — qui nécessitaient une échographie tous les six mois et puis j’ai eu une plus grosse tumeur, qui a elle aussi été considérée comme bénigne et pour laquelle on m’a dit de ne pas m’inquiéter. Trois mois après ma dernière échographie, cette tumeur s’est rapidement développée au point de devenir douloureuse. Je suis donc allée faire une autre échographie, trois mois plus tôt que prévu, qui a montré que la tumeur évoluait et grossissait extrêmement rapidement. J’ai fait une biopsie le 8 juin 2022.

De 60 à 0 en quelques secondes : être atteinte d’un cancer du sein

Je suis une femme. Je suis active. Je suis une maman. Je suis aussi atteinte d’un cancer du sein métastatique et je vis bien. J’ai toujours été active. Depuis toute petite, je fais différents sports. Par exemple, je joue au hockey et à la balle rapide en compétitions. Alors, comment se fait-il que quelqu’un de super actif, en forme et en santé, sans aucun antécédent familial de cancer, développe un cancer du sein de stade IV?