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La voix des personnes atteintes d'un cancer du sein

Éducation

blogue À nous la parole

Ce que nous ne savons pas (et c’est beaucoup), mais que nous devrions savoir sur les lignes directrices canadiennes en matière de dépistage du cancer du sein

Par Adriana Ermter

Dans notre rubrique mensuelle, la rédactrice en chef et autrice Adriana Ermter raconte son expérience avec le cancer du sein.

Quel âge aviez-vous quand vous avez appris que vous étiez admissible pour passer une mammographie? Si vous êtes comme moi, vous avez probablement réalisé cette information seulement après avoir découvert une masse par vous-même. Et à ce moment-là, les règles et les lignes directrices concernant l’âge auquel les femmes peuvent — ou non — avoir accès au dépistage du cancer du sein ne semblent plus pertinentes : il est déjà trop tard. Pourtant, il ne devrait pas en être ainsi. Les femmes devraient savoir quand elles peuvent prendre rendez-vous pour une mammographie bien avant de recevoir un diagnostic – par exemple, dans le cadre de soins de santé de routine et de prévention précoce, en particulier lorsqu’il s’agit de détecter un cancer du sein à un stade avancé avant sa progression. Alors, pourquoi n’en savons-nous pas plus?

Pourquoi ne connaissons-nous pas les règles entourant la première mammographie?
Hé bien, il y a plusieurs raisons à cela. En un mot, l’information n’est tout simplement pas claire ni cohérente. Les lignes directrices portant sur l’admissibilité à l’auto-aiguillage pour le dépistage varie d’une province, et elles ont beaucoup évolué au cours des dernières années. C’est peut-être une question de financement, ou de logistique, ou des deux. Le fonctionnement à plein régime des appareils de mammographie, d’échographie et d’IRM, le personnel des cliniques et des hôpitaux, ainsi que la rémunération des technologues formés, des radiologues et des médecins représentent tous des coûts pour le système de santé — des coûts qui peuvent avoir une incidence sur les budgets provinciaux. Vous savez, les budgets que nos impôts contribuent à financer…

Ce que nous savons toutefois, c’est que l’âge recommandé pour le dépistage était autrefois bien établi. Un article de recherche de Statistique Canada publié en 1996 indique que, dès la fin des années 1980, 50 ans est devenu l’âge standard pour les mammographies au Canada, et que la plupart des provinces avaient adopté cette ligne directrice au milieu des années 1990. Et pendant environ 35 ans, rien n’a changé — malgré des données à long terme montrant une augmentation des diagnostics de cancer du sein chez les femmes plus jeunes.

Une analyse des données de l’Ontario sur le cancer menée en 2024 par l’Université d’Ottawa a fait état d’augmentations soutenues des diagnostics de cancer du sein chez les femmes plus jeunes au cours des deux dernières décennies : une hausse de 45,5 % chez les femmes de 20 à 29 ans, de 12,5 % chez celles de 30 à 39 ans, et de 9,1 % chez les femmes de 40 à 49 ans. Je fais partie de ces 9,1 %. Des statistiques comme celles-ci mettent en lumière l’écart entre des lignes directrices relatives au dépistage qui n’ont pas encore pleinement rattrapé la réalité vécue par les jeunes femmes — et expliquent pourquoi tant d’entre nous se sentent mal préparées, mal informées et/ou exclues d’un système que nous croyons pourtant conçu pour nous protéger.

Qu’est-ce qui se fait pour mieux sensibiliser le public?
Pas assez. Au Canada, la sensibilisation du public à l’égard des critères d’admissibilité à la mammographie n’est pas homogène : certaines d’entre nous sont bien informées, mais beaucoup ne le sont pas. Des organismes comme le Réseau canadien du cancer du sein et Dense Breasts Canada travaillent sans relâche pour diffuser de l’information et des messages de sensibilisation sur les médias sociaux et dans la presse. Malheureusement, à moins que vous ayez des antécédents familiaux de cancer du sein — ou que vous soyez comme moi, sans antécédents familiaux et âgée de moins de 50 ans au moment du diagnostic — il y a de fortes chances que vous ne suiviez pas ces organismes et que votre diagnostic de cancer du sein vous ait prise au dépourvu.

Si nous étions mieux informées par des moyens plus largement diffusés — comme des lettres du gouvernement, des articles dans des magazines féminins grand public, des publications sur des comptes Instagram et TikTok grand public, et ailleurs — davantage de femmes sauraient que presque toutes les provinces et tous les territoires (à l’exception du Québec) ont abaissé (ou annoncé leur intention de le faire) l’âge minimal du dépistage à 40 ou 45 ans entre 2023 et 2026. Mais ce n’est pas le cas. À tel point qu’un sondage mené en 2025 par Léger Soins de santé et la Société canadienne du cancer (SCC) a révélé que seulement 36 % des femmes interrogées pouvaient identifier correctement l’âge minimal pour une mammographie dans leur province. Parmi les femmes de 40 à 49 ans, à peine une sur trois a déclaré être « très au courant » de l’existence de programmes de dépistage du cancer du sein dans sa région. Cela signifie qu’un nombre considérable de personnes qui pourraient — et devraient — être dépistées avant l’âge de 50 ans ignorent même que cette option existe. Il est urgent de changer cette situation et d’intensifier les efforts de communication auprès du public.

Pendant des décennies, le message largement diffusé au public était que le dépistage du cancer du sein commençait à 50 ans. Ainsi, même si l’âge du dépistage et les politiques ont récemment changé, ces changements ne se sont pas traduits par une plus grande sensibilisation du public. Vous savez, ces lettres annuelles que vous recevez d’Action Cancer Ontario, d’Alberta Health Services, et d’autres organismes, vous invitant à effectuer puis à retourner par la poste un test fécal annuel pour dépister les premiers signes du cancer colorectal? Hé bien, rien de tel n’existe pour le cancer du sein — et ce, sans compter qu’il n’existe aucun moyen de mener un autotest de dépistage. Les femmes doivent donc soit se faire aiguiller par leur médecin, soit prendre elles-mêmes l’initiative de prendre rendez-vous. Malheureusement, la plupart d’entre nous ne font même pas l’une ou l’autre de ces démarches, simplement parce que nous ne savons pas que nous devrions le faire — ou même que cette option existe.

Ce que vous et moi pouvons faire dès maintenant
Avant toute chose, discutez avec votre médecin de votre risque personnel et du moment le plus approprié pour commencer le dépistage de routine. Si vous avez 40 ans ou plus, renseignez-vous pour savoir si vous pouvez vous auto-aiguiller dans votre province. Alors que le sondage mené en 2025 par Léger Soins de santé et la Société canadienne du cancer (SCC) révèle que 89 % des Canadiennes âgées de 50 à 74 ans — le groupe traditionnellement visé par le dépistage — déclarent avoir déjà subi une mammographie, seulement 52 % des femmes de 40 à 49 ans affirment en avoir déjà passé une. Selon Léger, c’est une très mauvaise nouvelle — et je partage cet avis. En effet, lorsqu’un nombre important de femmes admissibles ignorent même qu’elles peuvent prendre rendez-vous pour réaliser un test de dépistage du cancer du sein, des occasions cruciales de détection précoce sont tout simplement manquées.

Affectez les dons que vous versez à la sensibilisation
C’est pourquoi l’augmentation du financement pour la sensibilisation au dépistage du cancer du sein doit être tout aussi prioritaire que le financement de la recherche sur les traitements. Les dons versés aux laboratoires de recherche et aux essais cliniques contribuent à faire progresser la mise au point de thérapies, mais ils ne sauveront pas de vies si les gens ne savent pas quand ni où faire un test de dépistage. La campagne de sensibilisation lancée en 2025 par la Société canadienne du cancer (SCC), avec le soutien de l’Agence de la santé publique du Canada, constitue un pas dans la bonne direction. Elle vise à toucher des femmes comme moi — âgées de moins de 50 ans, qui n’ont jamais réalisé de test de dépistage — ainsi que les personnes trans, non binaires et de diverses identités de genre.

Cela dit, les efforts de sensibilisation doivent aller encore plus loin. Les messages doivent être personnalisés, culturellement adaptés et conçus pour toucher les personnes qui n’ont habituellement pas accès à un médecin de famille, ainsi que celles qui vivent dans des régions éloignées ou rurales. Après tout, la détection précoce par le dépistage demeure l’un de nos moyens de défense les plus efficaces contre le cancer du sein.

Lorsqu’il est détecté rapidement, les résultats sont largement meilleurs. J’ai découvert ma masse tôt, mais uniquement parce que mon cancer se trouvait juste sous la surface de ma peau et que je l’ai senti avec mes doigts. J’étais aussi déterminée pour la faire examiner — malgré le fait qu’on m’ait d’abord refusé l’accès à la clinique de cancérologie où mon médecin m’avait inscrite, au motif que j’étais trop jeune, que je n’avais aucun antécédent familial et que je ne n’avais aucun des marqueurs physiques habituellement associés au cancer du sein. Même si la masse était bel et bien là. J’ai donc harcelé la clinique et insisté pour être réexaminée. Il a fallu six mois avant que l’on me prenne au sérieux et que je puisse obtenir un deuxième rendez-vous, au cours duquel j’ai exigé une mammographie et une échographie. Mais cela en a valu la peine.

Vous pouvez aussi en parler
Faites passer le mot. Parlez-en à votre famille et à vos amis. Encouragez toutes les personnes que vous connaissez à effectuer un test de dépistage. Répétez-le sans relâche. La détection précoce ne fonctionne que si le dépistage est accessible, et cela passe autant par la diffusion de l’information que par les infrastructures. Chaque femme et toute personne ayant du tissu mammaire doit avoir accès à des informations claires sur le moment où elle peut subir un dépistage, comment s’auto-aiguiller au besoin, et pourquoi c’est important. Comprendre son risque personnel est également essentiel. La fiche d’information du Réseau canadien du cancer du sein (CBCN) vous donne un aperçu simple des facteurs de risque courants et peut vous aider à discuter avec votre médecin du moment le plus approprié pour réaliser un test. Voici un résumé rapide des lignes directrices mises à jour en 2025 pour le dépistage du cancer du sein, tel que documenté par le Partenariat canadien contre le cancer, à partager avec toutes les personnes que vous connaissez.

À partir de 40 ans, vous êtes admissible au dépistage en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve-et-Labrador, au Nouveau-Brunswick et au Yukon. À partir de 45 ans : Alberta et Territoires du Nord-Ouest. En Saskatchewan, l’âge passera à 40 ans en juin 2026 et le Manitoba abaissera l’âge à 40 ans d’ici décembre 2026. Le Québec révise actuellement sa politique de dépistage. Dans de nombreuses régions, les femmes peuvent s’auto-aiguilller pour une mammographie dès 40 ans, sans prescription médicale. Cependant, certaines provinces exigent encore qu’une femme de moins de 50 ans obtienne une référence de son médecin ou s’auto-aiguille. Il est donc essentiel de vérifier les lignes directrices.

Adriana Ermter est autrice et rédactrice primée. Vous pouvez lire son travail dans Figure Skater Fitness et IN Magazine, ainsi qu’en ligne sur les sites 29Secrets.com, RethinkBreastCancer.ca, Popsugar.com et AmongMen.com. L’ancienne chroniqueuse beauté du magazine FASHION et rédactrice en chef de Salon et Childview habite à Toronto avec ses deux chatons, Murphy et Olive. Vous pouvez la suivre sur Instagram (@AdrianaErmter).


Les points de vue et les expériences exprimés à travers les histoires personnelles sur le blog Our Voices sont ceux des auteurs et de leurs expériences vécues. Ils ne reflètent pas nécessairement la position du Réseau canadien du cancer du sein. Les informations fournies n’ont pas été examinées médicalement et ne sont pas destinées à remplacer un avis médical professionnel. Demandez toujours conseil à votre équipe de soins lorsque vous envisagez vos plans et objectifs de traitement.