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La voix des personnes atteintes d'un cancer du sein

Éducation

blogue À nous la parole

Rester fort·e face au cancer du sein

Quand Jill a eu 50 ans, le cancer du sein était bien la dernière chose à laquelle elle pensait. Installée à Halifax, en Nouvelle-Écosse, elle profitait pleinement de la vie en tant que parajuriste fraîchement diplômée, épouse, mère de trois enfants et grand-mère. Il n’y avait aucun antécédent de cancer du sein dans sa famille, et elle n’avait aucune raison de penser que sa vie était sur le point de basculer.

Puis, lors d’un examen des seins de routine, son médecin a détecté quelque chose d’inquiétant. En mars 2011, un mois seulement après son 50e anniversaire, Jill a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du sein lobulaire invasif de stade IIIB. « C’était ahurissant, impensable et terrifiant », se rappelle-t-elle.

Pendant le traitement

Le traitement a démarré rapidement : mastectomie unilatérale, chimiothérapie, radiothérapie, cinq ans de traitement au tamoxifène et cinq ans de traitement à l’exémestane.

Face à la peur et à l’incertitude, Jill a pris une décision mûrement réfléchie quant à la manière dont elle allait aborder cette maladie : « j’ai gardé une attitude positive et j’ai fait tout ce qu’on m’a demandé de faire. Je n’arrêtais pas de me dire : “Je peux y arriver; je vais y arriver.” »

Elle a pu soulager les nausées avec des médicaments, mais a eu plus de difficulté à gérer l’extrême fatigue et la perte de cheveux : « j’ai eu les cheveux longs pendant la majeure partie de ma vie; ils étaient ma fierté et ma joie. Et puis, être chauve indiquait aux gens que j’avais un cancer et, même s’ils étaient gentils, je ne voulais pas de leur pitié. »

Pour faire face à la situation, elle s’est rappelé que ses cheveux repousseraient, portait une perruque quand elle le souhaitait ou en avait besoin, acceptait l’aide des autres et s’autorisait à se reposer.

« J’ai appris à ne pas m’inquiéter de tout vouloir faire. Il suffit de se laisser porter par le courant. »

Après le traitement

Comme pour beaucoup d’autres, les conséquences du cancer du sein se sont étendues au-delà de son traitement.

Sur le plan physique, la vie après une mastectomie a présenté des difficultés : « le fait de n’avoir qu’un seul sein rendait difficile le choix des vêtements, et j’ai dû renoncer à certains décolletés. Trouver un soutien-gorge et une prothèse lestée a été un véritable cauchemar. »

Sur le plan émotionnel, elle s’est autorisée à ressentir de la tristesse sans se laisser submerger par celle-ci : « il m’arrivait parfois de verser une petite larme, mais je veillais à ne pas m’apitoyer sur mon sort. Ça peut arriver à n’importe qui. Il ne faut pas se demander “Pourquoi moi?”, mais plutôt “Pourquoi pas moi?” »

Sur le plan spirituel, cette expérience a renforcé sa foi : « j’ai beaucoup plus prié et je me suis rapprochée de Dieu à bien des égards. Je suis devenue plus spirituelle. »

Ce diagnostic a également eu des répercussions sur sa carrière. À peine quatre mois après avoir décroché le poste de ses rêves en tant qu’assistante juridique, elle a dû annoncer à son employeur qu’elle avait besoin d’un congé maladie de cinq mois. Heureusement, son employeur s’est montré très compréhensif et l’a soutenue : « il m’a gardée à mon poste et, 15 ans plus tard, j’y suis toujours. »

À son retour au travail, le fait d’avoir des objectifs sur lesquels se concentrer l’a aidée à aller de l’avant : « mon travail m’a permis de m’occuper et de me concentrer sur autre chose que le cancer. »

Accepter l’aide des autres

Tout au long de son traitement, une personne est restée à ses côtés sans faillir : son mari. Cette expérience les a encore plus rapprochés : « c’est mon meilleur ami et mon “pilier”. Il s’est montré tellement attentionné et m’a tellement soutenue tout au long du traitement, et il continue de le faire. »

Ce diagnostic a été difficile à accepter pour ses enfants, qui avaient alors 19, 22 et 24 ans. Mais, ils l’on bien entourée, et ses ami·es proches lui ont apporté leur soutien au moment où elle en avait le plus besoin.

Elle a également trouvé du réconfort en lisant les témoignages positifs d’autres personnes ayant été confrontées au cancer du sein : « cela m’a fait du bien de lire en ligne les témoignages positifs d’autres femmes et d’autres hommes. »

Aujourd’hui, 15 ans plus tard

Aujourd’hui, 15 ans après son diagnostic, Jill ne présente plus aucun signe de la maladie. Plutôt que de vivre dans la crainte d’une récidive, elle préfère profiter pleinement de la vie : « j’adore ma vie. Je n’ai pas peur d’une éventuelle récidive. Mon mari m’a dit que si cela arrivait, nous ferions face à la situation comme avant. Je suis tout à fait d’accord avec lui. »

Elle se sent chanceuse et est déterminée à profiter pleinement de chaque jour. L’une des leçons qu’elle a tirées de cette expérience, c’est que le cancer du sein ne doit pas nécessairement déterminer son avenir : « un jour, ce sera fini. Tu te sentiras à nouveau comme avant. Plus rien ne te fera peur. Si tu as pu affronter le cancer, tu peux tout affronter. »

Son message aux autres

Lorsqu’on lui demande quel message elle aimerait transmettre à celles et ceux qui sont confronté·es au cancer du sein, sa réponse est simple :

« Restez positif·ve. Si vous n’y arrivez pas, contentez-vous de refuser d’être négatif·ve. Votre état d’esprit compte. Informez-vous. Posez des questions à votre oncologue (il n’y a pas de questions stupides). Consultez des sites web canadiens tels que celui du RCCS pour obtenir des informations fiables. Vous trouverez également de nombreux ouvrages dans les bibliothèques locales, y compris des livres de cuisine destinés aux personnes suivant une chimiothérapie. Informez-vous! »

En repensant à son expérience, une citation lui est restée en tête : « la vie n’est pas un voyage vers la tombe dont le but est d’arriver sain·e et sauf·ve dans un corps beau et bien conservé, mais plutôt de déraper à toute vitesse, complètement épuisé·e, totalement usé·e, en s’écriant à tue-tête : « WOW! Quelle aventure! »

Aujourd’hui, 15 ans après son diagnostic, ces mots illustrent parfaitement la façon dont elle a choisi de vivre.


Les points de vue et les expériences exprimés à travers les histoires personnelles sur le blog Our Voices sont ceux des auteurs et de leurs expériences vécues. Ils ne reflètent pas nécessairement la position du Réseau canadien du cancer du sein. Les informations fournies n’ont pas été examinées médicalement et ne sont pas destinées à remplacer un avis médical professionnel. Demandez toujours conseil à votre équipe de soins lorsque vous envisagez vos plans et objectifs de traitement.