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La voix des personnes atteintes d'un cancer du sein

Éducation

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Guide pratique : une alimentation à base de végétaux pendant et après un cancer du sein

Par Vanessa Rotondo, CNC

J’avais 31 ans lorsque, en 2017, on m’a diagnostiqué un cancer du sein de stade III, de grade 3, HER2-positif et à récepteurs hormonaux positifs. Ce n’était pas ma première expérience avec le cancer : mon père avait survécu à un mélanome, à un cancer de l’estomac et à un cancer du pancréas avant de décéder lorsque j’avais 26 ans et, des années plus tard, ma mère succomberait à un cancer de l’ovaire lorsque j’aurais 36 ans. Mais c’était la première fois que je devais faire face à un cancer qui me concernait personnellement.

Comme beaucoup de gens qui apprennent qu’ils ont un cancer, je me suis rapidement retrouvée prise dans un tourbillon de rendez-vous, d’examens d’imagerie, de décisions thérapeutiques et de surabondance d’informations. Lors d’une de mes premières consultations avec mon oncologue médical, j’ai cherché quelque chose que je pouvais contrôler au milieu de toute cette incertitude. Je lui ai posé une simple question : « Que dois-je manger pour aider mon corps à supporter les traitements? »

Sa réponse était on ne peut plus pratique : « Mangez ce que vous pouvez ».

À l’époque, sa réponse ne m’avait pas semblé satisfaisante. Je voulais savoir si l’alimentation pouvait m’aider à me sentir plus forte, à gérer les effets secondaires et à soutenir mon organisme pendant les traitements et la convalescence. J’étais déterminée à combler le fossé entre les approches médicales et holistiques de la santé, afin d’améliorer l’efficacité des traitements et de me sentir au mieux de ma forme, d’autant plus que j’avais l’impression que tant d’autres choses échappaient à mon contrôle.

Cette quête de réponse m’a finalement conduite à m’intéresser au domaine de la nutrition. Aujourd’hui, en tant que nutritionniste fonctionnelle certifiée et praticienne holistique spécialisée dans le cancer, j’accompagne les femmes confrontées au cancer du sein grâce à des stratégies personnalisées en matière de nutrition et de mode de vie, fondées sur des données scientifiques, qui viennent compléter les soins conventionnels et améliorent la qualité de vie tout au long de la maladie, quel que soit le stade du cancer.

Que faut-il manger lorsque l’on suit un traitement contre le cancer du sein?

Bien que chaque diagnostic et chaque plan de traitement soient uniques, l’une des approches les mieux étayées par la recherche en nutrition, confirmée par une revue systématique de la littérature publiée en 2025 dans l’American Journal of Clinical Nutrition, est un régime alimentaire à base d’aliments complets et privilégiant les végétaux, similaire au régime méditerranéen.

Les aliments d’origine végétale apportent des fibres, des vitamines, des minéraux, des antioxydants et des phytonutriments — des composés naturels qui protègent les cellules et favorisent les processus naturels de régénération de l’organisme. Une alimentation axée sur les végétaux ne signifie pas pour autant que l’on doit devenir végétarien·ne ni végétalien·ne. Cela signifie simplement qu’il faut axer davantage ses repas sur des aliments d’origine végétale tels que les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, les fruits à coque, les graines, les herbes aromatiques et les épices. Si l’on souhaite intégrer des aliments d’origine animale dans son alimentation, il faut privilégier les produits locaux de grande qualité, tels que le poisson sauvage et la viande et la volaille issues d’élevages en plein air ou nourries à l’herbe.

Parmi les aliments que j’encourage à consommer régulièrement, on trouve les légumes verts à feuilles, les baies, les haricots et les lentilles, les légumes crucifères tels que le brocoli, le chou-fleur, le chou, la roquette et le chou frisé, les légumes de la famille des alliacées comme les oignons et l’ail, les champignons cuits, ainsi que des graisses saines à chaque repas, telles que l’avocat et l’huile d’olive extra vierge. Ces aliments favorisent l’équilibre glycémique, le bon fonctionnement du système digestif et immunitaire, les processus naturels de détoxification et la santé cardiaque, ce qui peut constituer une véritable priorité pour les femmes sous traitement hormonal ou en ménopause médicamenteuse.

Que faire quand s’alimenter devient difficile?

Mais que se passe-t-il lorsque les traitements rendent l’alimentation difficile?

La perte d’appétit, les nausées, les vomissements, les altérations du goût et les aphtes peuvent rendre même la simple idée de manger insupportable. Dans ces moments-là, l’objectif n’est plus de manger « parfaitement », mais plutôt de manger de manière pratique, tout en se montrant indulgent·e envers soi-même.

Lorsque l’appétit est en baisse, je conseille de privilégier des repas légers et fréquents plutôt que des assiettes bien remplies. Gardez à portée de main des aliments simples et riches en nutriments, comme des noix et des graines, de l’avocat, du houmous ou votre mélange de fruits secs préféré. En cas de nausées, quelques astuces simples peuvent s’avérer utiles : le thé au gingembre ou les bonbons au gingembre peuvent soulager les symptômes, et les aliments froids et fades sont souvent mieux tolérés, car ils ont moins d’odeur.

Si vous avez du mal à atteindre votre apport en protéines, un simple smoothie peut vous faciliter la tâche : une poudre de protéines d’origine végétale (à base de pois, de chanvre, de quinoa ou de millet, par exemple), mélangée à du beurre d’amande, des baies et du lait végétal enrichi, peut constituer une option nutritive et facile à digérer.

En cas d’aphtes, les aliments mous et apaisants comme les smoothies, les soupes, le porridge, le pudding au chia ou même les glaces à l’eau à base de smoothie peuvent s’avérer très efficaces. Les aliments épicés, acides ou à la texture rugueuse peuvent aggraver l’irritation; il est donc conseillé de les éviter pendant cette période.

Mais surtout, continuez de vous hydrater de manière appropriée. Boire régulièrement de l’eau filtrée tout au long de la journée est essentiel pour la santé générale et pour assurer un bon fonctionnement de l’organisme.

Conclusion

S’alimenter lorsque l’on a un cancer du sein ne doit pas nécessairement être source de stress. Il s’agit de trouver de petits gestes bienveillants pour prendre soin de son corps au fur et à mesure que ses besoins évoluent, et d’être indulgent·e envers soi-même tout au long de ce parcours.

Qui suis-je?

Je suis nutritionniste fonctionnelle certifiée et praticienne holistique spécialisée dans le cancer. J’accompagne les femmes tout au long de leurs traitements contre le cancer du sein, pendant leur convalescence et au-delà, grâce à des stratégies personnalisées en matière de nutrition et de mode de vie, fondées sur des données scientifiques.

Pour en savoir plus sur mon travail, consultez mon site Web, à www.nutriditions.com.

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Les points de vue et les expériences exprimés à travers les histoires personnelles sur le blog Our Voices sont ceux des auteurs et de leurs expériences vécues. Ils ne reflètent pas nécessairement la position du Réseau canadien du cancer du sein. Les informations fournies n’ont pas été examinées médicalement et ne sont pas destinées à remplacer un avis médical professionnel. Demandez toujours conseil à votre équipe de soins lorsque vous envisagez vos plans et objectifs de traitement.