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Histoire de la lutte contre le cancer du sein

Le cancer du sein est connu depuis l’Antiquité. Pendant la majeure partie de l’histoire de l’humanité, il n’existait aucun traitement efficace. Cependant, au cours des 120 dernières années, les progrès en matière de traitements médicaux et chirurgicaux font en sorte qu’aujourd’hui, 98 pour cent des patientes atteintes d’un cancer du sein localisé survivent au moins cinq ans après leur diagnostic. Le tableau ci-dessous présente de façon chronologique les principaux développements dans le traitement du cancer du sein.

Time Development
De 3000 à 2500 av. J.-C. La mention la plus ancienne connue à ce jour du cancer du sein se trouve sur un papyrus égyptien. Il n’existe aucun traitement.
460 av. J.-C. Hippocrate, un médecin grec, utilise le terme karkinoma, devenu carcinome (cancer) et décrit les stades du cancer du sein sans indiquer de traitement. Il considère cette maladie comme le résultat d’un déséquilibre entre les quatre « humeurs » du corps, soit le sang, le flegme, la bile jaune et la bile noire.
168 av. J.-C. Le médecin grec Galien croit que le cancer du sein provient d’une trop grande quantité de bile noire dans le sang et qu’il s’agit d’une maladie systémique. Il a recours aux interventions chirurgicales pour retirer les tumeurs du sein et laisse les incisions saigner pour évacuer la bile noire.
De 476 à 1500 Les premiers chrétiens croient que la maladie est d’origine divine et que seuls la foi et les miracles la peuvent guérir.
Du 10e au 15e siècle Les médecins islamiques Ibn Sina (Avicenne) et Abu Al-Qasim Al-Zahrawi (Albucasis) relancent la médecine grecque et rédigent d’importants traités médicaux. Ils procèdent à des interventions chirurgicales limitées pour lutter contre le cancer du sein. Leurs idées seront éventuellement répandues en Europe.
Du 16e au 18e siècle The Enlightenment brings advances in the understanding of anatomy and disease. La période des Lumières voit une progression de la compréhension de l’anatomie et des maladies. Le lait concentré, les traumatismes, le type de personnalité, l’exposition à l’air et les infections figurent parmi les causes présumées du cancer. Les opérations deviennent plus courantes. Le chirurgien écossais John Hunter propose une stadification de la maladie. Si la tumeur peut être déplacée, il n’y a « aucune raison de ne pas l’enlever », affirme-t-il. Cependant, puisque tout se déroule sans anesthésie, les chirurgiens de l’époque doivent pratiquer leurs interventions rapidement et habilement.
19e siècle

La croyance voulant que les humeurs (le sang, le flegme, la bile jaune et la bile noire) soient les causes du cancer disparaît grâce aux nouvelles connaissances au sujet des cellules cancéreuses. Le rôle du sang et de la lymphe dans la propagation des métastases devient connu.

Les interventions chirurgicales s’améliorent grâce au développement de l’anesthésie, de l’asepsie ainsi que des gants et des vêtements chirurgicaux. En 1894, le chirurgien américain William Halsted met au point la mastectomie radicale au cours de laquelle on prélève en un morceau la tumeur entière, les muscles pectoraux, les vaisseaux lymphatiques et les ganglions lymphatiques axillaires. Pour la première fois de l’histoire, le cancer du sein peut être traité et guéri de façon systématique.

En 1896, le chirurgien britannique Thomas Beatson signale que l’ovariectomie réduit les tumeurs dans les cas de cancer du sein avancé.

Début du 20e siècle Première utilisation de la radiothérapie pour réduire la taille des tumeurs.
1932 Développement de la mastectomie radicale modifiée pour laisser en place les muscles du thorax. 
Années 40 Apparition de la chimiothérapie.
1962 Mention par le médecin américain Robert Egan du premier cas de cancer du sein détecté par une mammographie.
1967 Description par le chercheur en oncologie américain Elwood Jensen du récepteur d’œstrogène, ce qui mène au développement de médicaments qui bloquent l’œstrogène.
Années 70 Publication du premier rapport sur la chimiothérapie adjuvante pour le cancer du sein par l’oncologue italien Gianni Bonadonna. Il utilise le cyclophosphamide, le méthotrexate et le fluorouracil (CMF). Des chercheurs d’Italie et d’ailleurs testent diverses combinaisons comprenant la radiothérapie, la chimiothérapie, le tamoxifène associés à une tumorectomie et à l’exérèse du ganglion sentinelle (qui s’avèrent aussi efficaces que la mastectomie radicale). La médecine personnalisée, pour laquelle chaque opération et chaque traitement adjuvant est choisi en fonction du patient, vient de faire son apparition.
1977 Approbation par Santé Canada de l’utilisation du tamoxifène dans les cas de cancer métastatique.
1979 Première reconstruction mammaire autologue moderne. Auparavant, la reconstruction mammaire faisait appel à des implants. L’arrivée de la reconstruction autologue a permis de recréer des seins plus naturels au toucher, mais au prix de cicatrices plus grosses, d’une convalescence plus longue et d’une intervention chirurgicale plus risquée.
1995 Découverte de mutations dans les gènes BRCA1 et BRCA2 qui augmentent le risque de cancer du sein.
1998 Approbation de l’utilisation du tamoxifène pour prévenir la récurrence du cancer du sein.
1999 Approbation par Santé Canada du Herceptin, un médicament biologique révolutionnaire qui a amélioré de façon considérable les résultats de traitement chez les femmes ayant un cancer du sein surexprimant la HER2.
2000 Classification des sous-types de cancer du sein (à récepteurs d’œstrogènes positifs, à récepteurs de progestérone positifs, surexprimant la HER2, triple négatif).
2007 Apparition de nouveaux tests génétiques (Oncotype DX pour les cancers à récepteurs d’œstrogènes positifs et MammaPrint pour les métastases distantes).
2013 Nouvelles normes de classification pour les sous-types de cancer du sein : luminal A, luminal B, surexprimant la HER2 et triple négatif.
2018 Développement de plusieurs thérapies ciblées pour le cancer du sein métastatique qui offrent des options de traitement supplémentaires pour les femmes atteintes d’un cancer du sein HER2+ ou HR+. De meilleurs traitements pour lutter contre le cancer du sein triple négatif continuent d’être évalués dans le cadre d’essais cliniques de phase finale.