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Le Guide sur les interventions chirurgicales répond à un besoin criant

Andrea

Pour Andrea Sveinbjornson de Regina, le nouveau Guide sur les interventions chirurgicales du Réseau canadien du cancer du sein constitue un outil précieux qu’elle aurait aimé avoir en 2016 lorsqu’elle a dû prendre des décisions concernant une chirurgie mammaire.

« J’avais très peu d’informations, mais je devais prendre une décision rapidement, affirme-t-elle. Lorsque j’ai obtenu des renseignements sur les interventions chirurgicales dans le cabinet du médecin, je n’étais pas très disposée à tout écouter parce que je venais d’apprendre que j’avais le cancer. Dès qu’on entend le mot “cancer”, on se replie sur soi. C’est pourquoi avoir un outil qui peut être consulté plus tard pour faire des recherches et accéder à toute l’information désirée serait tellement utile. »

Andrea finit par subir une mastectomie unilatérale sans reconstruction sur les recommandations de ses médecins. Elle aurait aimé obtenir des informations autres que les opinions et les préférences de son oncologue et de son chirurgien.

Andrea reçut son diagnostic de carcinome canalaire infiltrant de stade IIIA en novembre 2015 à l’âge de 42 ans. Sa quête d’un diagnostic commença en juillet 2015 alors qu’elle ressentait une douleur dans le sein gauche. N’ayant pu obtenir un rendez-vous avec son médecin avant le mois d’août, ce ne fut qu’en septembre qu’elle subit une mammographie et une échographie. Le technicien lui indiqua qu’elle recevrait les résultats par l’entremise de son médecin.

Les premières nouvelles lui parvinrent à la fin du mois d’octobre. Il s’agissait d’un appel, sorti de nulle part, pour fixer un rendez-vous pour une biopsie. Conclusion : elle avait le cancer.

La tumeur s’avérait trop grosse pour procéder immédiatement à une opération. Andrea dut donc subir une chimiothérapie pour réduire la taille de la tumeur. Son intervention chirurgicale, qui eut lieu en mai 2016, se révéla très dure sur le plan émotif. Elle pleura jusqu’à la salle d’opération, jusqu’à ce que l’anesthésie fasse effet. Elle craignait l’inconnu, dont la douleur à son réveil et la durée de sa convalescence.

L’anesthésie provoqua chez elle des nausées pendant deux jours. Ses bandages occasionnèrent des rougeurs, des irritations et des démangeaisons cutanées.

« Voir la cicatrice pour la première fois n’était pas aussi désagréable que je l’anticipais. L’infirmière a fait preuve d’une grande compréhension et elle a enlevé le pansement lentement. »  L’évidement ganglionnaire axillaire fut ce qui causa le plus de douleurs. « Le pire, c’étaient les drains qui compliquaient l’habillement et le sommeil. »

« Ma cicatrice a très bien guéri », affirme Andrea. Elle subit ensuite une radiothérapie qui provoqua des brûlures tellement importantes qu’elle fut incapable de se vêtir pendant deux semaines.

Puisque son cancer était hormonodépendant, elle prit du tamoxifène. Cependant, ce dernier fit grimper en flèche son taux de cholestérol. Elle dut alors interrompre ce traitement. Elle essaya ensuite l’anastrozole, mais la douleur articulaire occasionnée fut telle qu’Andrea ne pouvait pas sortir du lit. Elle cessa d’en consommer et décida de s’en remettre à un mode de vie sain ainsi qu’à une ovariectomie pour prévenir une récidive.

Les traitements subis par Andrea engendrèrent des douleurs névralgiques et un lymphœdème. Sa convalescence se poursuit toujours.

Andrea fut membre d’un comité consultatif qui épaula le Réseau canadien du cancer du sein dans l’élaboration du Guide sur les interventions chirurgicales. « Dès le départ, ce projet m’interpellait, déclare-t-elle. Il s’agissait d’une occasion de redonner aux suivants et de fournir aux femmes de meilleurs renseignements que ceux que j’avais reçus. »

« Il était intéressant d’entendre les expériences des femmes partout au pays. Nous avons toutes vécu des expériences semblables, et pourtant chaque histoire était unique. »

« Je suis grandement reconnaissante des efforts déployés par le Réseau canadien du cancer du sein pour concevoir le Guide. Il répond vraiment à un besoin et permet aux femmes de prendre les meilleures décisions possible pour leur santé. »