La Voix Des Canadiennes Atteintes D'un Cancer Du Sein

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Donner accès aux traitements nécessaires

De nouveaux traitements contre le cancer du sein métastatique ont fait grandement parler d’eux dernièrement, et à juste titre. Ils peuvent prolonger de façon appréciable la vie de nombreuses Canadiennes. Les traitements ciblés changent la donne dans le domaine du cancer du sein métastatique. Contrairement à la chimiothérapie qui fait parvenir des médicaments à une large gamme de cellules, la thérapie ciblée achemine les médicaments à des cellules tumorales précises, c’est-à-dire celles qui stimulent la croissance de la tumeur. Une telle façon de procéder produit de meilleurs résultats et provoque moins d’effets secondaires.

À titre d’exemple de thérapie ciblée, les inhibiteurs de la CDK4 bloquent les kinases dépendantes des cyclines (CDK) qui sont responsables de la régulation de la division cellulaire. Inhiber les CDKs empêche les cellules de se multiplier, ce qui ralentit la progression du cancer1. Ces nouveaux types de médicaments permettent de traiter les cancers du sein métastatiques à récepteurs hormonaux positifs (RH+).

Le sous-type RH+ représente près de 70 % des cas de cancer du sein, ce qui en fait un des plus répandus. Le cancer du sein métastatique change, croît et s’adapte constamment. Avec le temps, il développe une résistance au traitement que vous utilisez pour le combattre. Voilà pourquoi il est important pour les femmes d’avoir accès à des traitements qui fonctionnent.

Des milliers de Canadiennes bénéficieraient de traitements semblables aux inhibiteurs de la CDK4. Cependant, le processus d’examen des médicaments complique l’accès des femmes en temps opportun à des traitements qui prolongent la vie. Le palbociclib en est un exemple. Cet inhibiteur de la CDK4 franchit lentement les différentes étapes de la procédure canadienne d’approbation des médicaments. Il a reçu son avis de conformité de Santé Canada en mars 2016 et vient tout juste d’être examiné par les instances pancanadiennes d’approbation des médicaments. Il aura donc fallu près de deux ans pour qu’il soit évalué.

Il a récemment été mis sur les listes des médicaments remboursés du Québec, du Nouveau-Brunswick et de la Saskatchewan. Cela signifie que les résidentes de ces provinces peuvent y avoir accès. Les autres Canadiennes doivent recourir à leur assurance privée ou payer de leur poche en attendant que leur province l’inscrive sur sa liste de médicaments.

Le palbociclib n’est pas le seul traitement contre le cancer touché par la lenteur du processus d’approbation. Chaque nouveau médicament qui entre au Canada doit être examiné et approuvé par plusieurs instances. Notre rapport En attente d’un traitement datant de 2015 a conclu que l’approbation d’un traitement contre le cancer du sein peut prendre jusqu’à deux ans en moyenne. Il a aussi révélé que le processus n’est pas complètement transparent et que l’avis des patients n’est pas toujours considéré. Le RCSS appuie totalement la nécessité de réviser les nouveaux traitements pour garantir leur innocuité et leur efficacité. Nous croyons cependant que les patientes ont besoin d’avoir accès en temps opportun à des médicaments bénéfiques sur le plan clinique. Pour mieux comprendre le long processus d’approbation des médicaments au Canada, téléchargez notre document infographique ici.

Le RCCS continue de promouvoir l’amélioration de l’accès à des traitements importants contre le cancer du sein. Nous collaborons activement avec les ministères provinciaux de la Santé pour qu’ils accordent à l’accès en temps opportun la priorité dans leur processus décisionnel. Nous vous encourageons à faire de même. Écrivez à votre ministre provincial de la Santé et expliquez-lui l’importance que revêt l’accès en temps opportun à des traitements de qualité contre le cancer du sein métastatique. Consultez notre trousse d’outils pour vous aider à rédiger votre lettre. Vous trouverez des coordonnées utiles ici.